Une semaine de boxe électrisante mettant en vedette Osleys Iglesias

Une semaine de boxe électrisante mettant en vedette Osleys Iglesias

Par Jeff Jeffrey
Analyste boxe – La Chambre de Bataille

Le légendaire Guy Jutras s’est éteint durant la congé de Pâques à l’âge de 95
ans, 4 jours plus tard, la boxe d’ici perdait un autre personnage indissociable du
paysage médiatique du noble art dans les années 80-90 en Alex Hilton, membre
du fameux clan Hilton qui est mort paisiblement dans son sommeil à 61 ans. Je
sais pour un fait qu’ils auraient apprécié les événements de boxe cette semaine.
En effet. Eye of the Tiger Management prépare le couronnement du nouveau
champion IBF des super moyens alors que la tornade cubaine, Osleys Iglesias (14-
0, 13 ko’s) se mesura à Pavel Silyagin (16-0-1, 7 ko’s) ce soir au casino de
Montréal. Ce duel est pour ce titre vacant tenu dans le passé par Lucian Bute, Carl
Froch, Sven Ottke, Joe Calzaghe, Roy Jones Jr, James Toney, etc...Pavel Silyagin est classé #7 à l’IBF chez les super moyens.Bien que ce n’est pasl’adversaire désiré par Iglesias, c’est celui qui a répondu au trop grand défi
présenté devant lui. Il est vrai que Silyagin s’est mesurer à des cogneurs comme
Pablo Ezequiel Corzo (25-1, 22 ko’s), Rizvan Elikhanov (15-2, 14 ko’s) et Leonardo
Carrillo (17-6, 16 ko’s), mais aucun la qualité du gagnant de la coupe Teofilo
Stevenson 2019. Il est aussi important de noté que le rival d’Iglesias n’a jamais
affronté de gaucher chez les professionnels. Associant maintenant ce fait avec la
monstrueuse puissance de la tornade cubaine, je vois mal Silyagin passer le 3 e
round.


En second lieu, les deux aspirants à la couronne IBF ont Isaac Chilemba (27-11-3,
11 ko’s), le solide pugiliste d’Afrique du Sud qui fut le seul à amener Iglesias à la
limite en 2022, tandis que Silyagin a remporté une décision contre lui l’année
précédente. Bien que Chilemba est quelque peu fané, il n’y a que 2 boxeurs qui
ont arrêter cette mâchoire d’acier, Oleksandr Gvozdyk et Aleksei Papin. Chilemba
est un boxeur que l’on doit le plus grand respect, lui qui est monté sur le ring face
à Sergey Kovalev, Eleider Alvarez, Maxim Vlasov, Dmitry Bivol, Tony Bellew et

Edison Miranda sans broncher. Pourtant, la terreur cubaine l’a anéanti, ce qui en
dit long sur sa terrifiante puissance qui sera beaucoup trop pour son rival.
Iglesias deviendra certainement champion, mais il n’est pas encore une vedette,
une attraction qui lui permettra de défendre sa couronne dans une plus grande
enceinte que le casino de Montréal le jeudi soir. Un boxeur, membre des tigres de
Camille Estephan qui j’espère vont transcender les 400 loyaux fans boxe pour
créer des événements sportifs incontournables dont tout le Québec va s’arrêter
pour les regarder, les vivre, les ressentir et les graver dans sa mémoire collective.
L’avènement tant attendue du second âge d’or de la boxe québécoise.
J’ai vécu ces jours glorieux. De la trilogie entre Davey Hilton Jr/Stéphane
Ouellet, passant par la revanche d’Éric Lucas sur Glenn Catley et son parcours
improbable vers la conquête du titre WBC des super moyens. S’ensuit la rivalité
Lucian Bute/Jean Pascal et l’émergence de talents comme Joachim Alcine, Leonard
Dorin, Adrian Diaconu, Adonis Stevenson, David Lemieux et plusieurs autres qui
ont fait du Québec une plaque tournante de la boxe sur la scène internationale de
1998 à 2018. Je souhaite à tous de vivre une telle époque pas si lointaine à
nouveau.


Osleys Iglesias et les autres tigres qui cognent à la porte de championnats
majeurs se doivent d’affronter des boxeurs connus sur la scène mondiale et
triompher contre les meilleurs, comme Arslanbek Makhmudov aura l’opportunité
de la faire contre Tyson Fury en Angleterre le 11 avril. Plus à sur ce sujet durant la
Chambre de bataille vendredi.
Dans le cas de la tornade cubaine, il serait fort intéressant de le voir dans le ring
contre un vilain notoire du noble art, l’ex-champion IBF des 168lbs, Caleb Plant par
exemple.


Hommage à Guy Jutras et Alex Hilton

Guy Jutras laisse à jamais son empreinte sur la boxe. Il a fait honneur au Québec
en tant que boxeur en 1952 et ensuite comme arbitre et juge officiant plus de 70
duels de championnat du monde. Son expertise était demandée et respectée par

tous. Étant une véritable source historique, il avait connu l’évolution de la boxe
d’ici. On se souviendra qu’il était le troisième homme sur le ring lors des deux
duels entre Davey Hilton et Mario Cusson. Le 7 mai 1980, il a arrêté le combat
entre Gaétan Hart et Ralph Racine à 1 :43 secondes du 12 e round, sauvant fort
probablement la vie de ce dernier. Il était également le Harold Lederman de la
belle province et un homme profondément gentil. Je le remercie de ses
encouragements à mes débuts médiatiques dans la boxe en 2010.
Alex Hilton est décédé plus tôt cette semaine dans son sommeil à l’âge de 61
ans. Depuis 15 ans, il avait vaincu l’alcoolisme qui a impacté sa carrière et sa
famille. Membre des Fighting Hilton, il souffrait en comparaison de ses frères
Matthew et Davey qui furent champions du monde et possédait plus de talents en
matière de boxe. Alex a connu sa part de succès en devenant champion des
moyens du Canada avec une victoire sur Ralph Hollett en 1983 et a vaincu Deano
Clavet, le médaillé d’argent aux jeux olympiques de 1984, Shawn O’Sullivan de
Toronto et Alain Bonnamie, ex-champion du Commonwealth Britannique des 160
livres. Il n’avait pas un amour totale pour la boxe, mais il était brave et respecté.

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